Toulouse à gauche, un avenir possible ?

dans Municipales 2020

Ce samedi 11 mai, dans le cadre de la fête de l’Humanité 31, Jean-Christophe Sellin, secrétaire national du Parti de Gauche et conseiller Régional Occitanie France Insoumise, était invité à débattre autour du thème “Municipales 2020, Toulouse à gauche, le changement est-il possible ?”. Voici son intervention.

Les termes du débat que vous avez posés ici sont ceux de l’Union de la Gauche. Je pense qu’il faut plutôt construire les conditions pour battre Moudenc et sa politique en construisant l’alternative politique avec nos concitoyens. L’alternative ça n’est pas l’alternance entre organisations qui se mettraient d’accord entre elles, comme ce fut le cas entre 2008 et 2014.

S’il n’y a pas les politiques de rupture nécessaire et la mobilisation de la population alors la droite revient au pouvoir et c’est le retour de manivelle. Certains ont dit avant moi que la Gauche n’avait pas été claire quand elle était au pouvoir. On parle du PS notamment dans la période 2012-2017. Mais c’était parfaitement clair, au contraire, la politique menée était celle des intérêts privés, ceux du capital pour parler franchement.

La fonction historique et concrète de la Gauche est d’être du côté du peuple, dans le mouvement social et citoyen, de construire au quotidien et traduire politiquement les urgences sociales, écologiques et démocratiques. Dans la perspective de ce que Jean-Luc Mélenchon a proposé nationalement dans sa tribune, il s’agira plutôt de fédérer le peuple, réunir ses revendications et de les formuler en commun. Au moment, où je vous parle et après midi, c’est la première fois que je manque une manifestation des gilets jaunes depuis le 17 novembre. Depuis 6 mois.

Depuis 6 mois, le peuple émerge sur la scène politique. C’est un début de la révolution citoyenne où précisément les revendications sociales, les impératifs écologiques et la question démocratique sont formulées d’une manière nouvelle et concrète. Très concrètement, combien de celles et ceux qui sont ici et qui parlent d’aspirations légitimes des Gilets Jaunes sont présents dans les manifestations du samedi depuis six mois ? Combien d’élus ici sont présents pour soutenir ce mouvement et réconcilier les GJ avec les élus? Oui, nous sommes prêts à discuter, à nous rassembler autour d’un programme clair. Un programme qui soutient le mouvement social en cours, un programme qui indique très clairement sa rupture avec le productivisme qui ravage les êtres humains et la planète , un programme qui place le citoyen au cœur de l’élaboration, de la construction et du contrôle des changements politiques. Pour se faire, il y a des questions clés à partir desquelles nous sommes prêts à discuter mais il faut renverser la méthode.

Je pense que la question démocratique est la manière de prendre en charge toutes les questions. De ce point de vue, la métropolisation  est un obstacle à la démocratie pour les citoyens et pour les communes. On ne peut plus faire de la politique et des listes comme avant. Les citoyens doivent être partie prenante dès le départ. L’impératif écologique lié à l’urgence climatique, priorité  aux biens communs,  aux circuits courts, aux cantine bios. La redistribution sociale notamment sous forme de services publics confortés et avec l’application de la loi de réquisition pour le logement.

Dominique Satge ( conseillère régionale PCF31) dit qu’elle met les pieds dans le plat sur l’urgence et la nécessité de l’union. Je lui réponds donc que l’Union de la Gauche  n’est pas la réponse à la hauteur de la situation et des attentes populaires. Un certain nombre d’organisations qui sont dans la salle n’ont plus le crédit et la force propulsive qu’elles avaient, même avec l’addition de leurs logos. Ainsi, nous répondons positivement à Archipel. Nous sommes prêts à une initiative publique commune. Non pas pour discuter dans un premier temps de « Comment on fait une liste ?» mais plutôt « Quels sont les questions de fond, de contenu pour faire une liste » ?

Pour conclure, je fais trois propositions précises :

1. L’impératif écologique et climatique doit s’imposer, car la réalité nous mord la nuque. Pour cela, nous devrons appliquer le 100% écologique dans les infrastructures, les constructions, l’entretien et la conditionnalité des aides. Pas le 1% minable de Jean-Luc Moudenc. Nous devrons mettre en place la gratuité des transports en commun et en expliquant comment on le finance (augmentation du versement transports entreprises de 2.3% à 3%, on dégage 100 millions d’euros pour largement combler la billetterie).

2. L’urgence sociale c’est la présence des services publics partout, dans tous les quartiers, à commencer par les écoles publiques et les régies publiques des biens communs. À ce propos, Myriam Martin a raison. Qui s’engage dans la bataille politique et judiciaire pour faire annuler définitivement la privatisation de l’aéroport ? (Sébastien Vincini indique depuis la tribune que le PS va s’engager). C’est noté. Pour le mal-logement, c’est l’engagement de tous ici à appliquer la loi de réquisition pour les logements vides, publics et institutionnels. Il y en 4500 dans l’agglomération.

3. Concernant la démocratie, la métropolisation est une machine de guerre. Une machine contre la citoyenneté, le suffrage universel direct, une entrave à la démocratie communal, une concentration et une confiscation de la décision. Nous devons combattre la métropolisation et la remplacer par une autre construction institutionnelle de libre association et administration des communes.

Jean-Christophe Sellin
Secrétaire national du Parti de Gauche
Conseiller Régional Occitanie France Insoumise