À Toulouse et dans « la métropole », il est urgent de préparer l’alternative.

dans Municipales 2020

Créé il y a un an, le GAMME – Groupe d’Action Municipale et Métropolitaine – est un Groupe d’Action de La France insoumise dont l’objet, à préciser au fil des rencontres, est la réflexion et l’action pour les prochaines élections municipales et métropolitaine sur Toulouse et “la métropole”. Le GAMME est un lieu d’échange et de discussion collective sur des questions locales, dans le respect des opinions et contributions de toutes et de tous. L’ouverture caractérise notre démarche. Il est ouvert à tou-te-s les Insoumis-es et à tous les Groupes d’Action, qu’ils soient géographiques, fonctionnels ou thématiques. Lors de sa réunion du 25 mars 2019, il s’est doté d’un texte de base dressant un constat, pointant un horizon et initiant une méthode pour co-construire un projet avec les acteurs du terrain.

Ce que nous constatons

L’urgence climatique et écologique, l’urgence sociale et l’urgence de réponses démocratiques sont les impératifs d’aujourd’hui. Ils doivent nous servir de nouvelle boussole.

Après 5 ans de mandat de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de la métropole, le bilan de la politique mise en place est terrible.

La politique menée a conduit à la « gentrification », chassant les classes populaires du centre et des faubourgs (ceinture des boulevards). Les promoteurs, les banques, les écoles privées font mains basses sur la ville. Les exemples sont nombreux: renouvellement du contrat de l’eau avec Veolia, opération TESO et GPSO, Tour Occitanie, vente de l’hôpital La Grave à un promoteur immobilier, vente à la découpe de la Place de l’Europe à Toulouse Business School ou encore mains basses de Vinci / Indigo sur les parkings y compris sous les Ramblas en construction.

Nous faisons le constat du manque de logements, d’un réseau de transport, trop cher et inadapté au besoin de la population, d’une marchandisation de la ville par les grandes enseignes et les centres commerciaux qui balayent nos commerces de proximité, d’une baisse de la qualité des services publics municipaux, et la non prise en compte des conséquences du changement climatique pour la ville. Nous avons perdu de nombreuses années depuis que les risques sont connus, à cause des gouvernements successifs et d’élus comme Jean-luc Moudenc, ignorants, irresponsables ou inféodés à des lobbies pour lesquels seule compte la recherche des profits.

Avec Moudenc et son équipe, « la métropole » a seulement pour objectif de « briller et rayonner», le patrimoine municipal est bradé au plus offrant. Moudenc dépossède les citoyens de leur propre ville. La Ville et l’agglomération sont vampirisées par les intérêts privés ; la métropolisation a accéléré la centralisation des décisions et des activités sur la ville-centre.
Moudenc se comporte comme le Maire du commerce de centre-ville en s’opposant aux manifestations revendicatives et mouvement des Gilets jaunes, rendues responsables des incidents dans Toulouse.
La ville est devenue invivable financièrement par la spéculation et la hausses des impôts locaux, et irrespirable sur le plan écologique. Et souvent inaccessible aux personnes en situation de handicap.

L’articulation de la question sociale, écologique et démocratique à la crise du système doit se faire au plan national comme au plan local
Il est urgent de prendre les choses en main pour préparer une alternative à cette politique. Les forces citoyennes sont là et des solutions existent !

Le tissu associatif, son histoire et sa culture de résistance, les réseaux militants actifs au plan social et environnemental la richesse humaine de ses quartiers populaires sont des points d’appui solides pour construire un nouveau projet pour Toulouse et sa métropole, comme en témoignent les luttes et les collectifs comme Toulouse 2031. Nous souhaitons nous inscrire dans la logique des initiatives qui émergent dans de nombreuses villes (Paris en Commun, Clermont-Ferrand en Commun, Lyon en Commun) afin de tisser un véritable réseau de villes insoumises. Les villes de l’avenir seront celles du bien commun et de la résistance au Macronisme.

Ce que nous voulons

  • Une municipalité où l’impératif et l’objectif 100 % écologique est le fil conducteur des politiques de construction, d’infrastructures, de déplacements et d’aménagement urbains.
  • Une politique qui ne cède pas au lobby de l’argent, des multinationales, de l’immobilier. Où les élu-e-s n’auront aucun intérêt personnel ou financier sur les politiques de la ville.
  • L’égalité, le féminisme et donc la lutte contre les inégalités qui explosent et aggravent dramatiquement les conditions de vie de beaucoup de toulousains. Nous voulons une ville sans expulsion, avec un toit pour toutes et tous, une ville où la pauvreté n’a pas sa place, où la précarité énergétique n’existe pas, où chacun peut disposer gratuitement d’une certaine quantité d’eau nécessaire à sa bonne santé, à son hygiène, où les cantines scolaires sont gratuites et de qualité avec la généralisation du bio, où toutes et tous ont droit aux transports et à la mobilité. Une ville où l’accès à l’éducation, à la santé, à la culture est garanti pour toutes et tous. Une ville sans discrimination, de couleurs, de quartiers ou d’orientation sexuelle.
  • Une cité culturelle où les pratiques artistiques et culturelles pourront se généraliser. Toulouse a de grandes institutions qui doivent être au service du plus grand nombre, aux côtés des milliers d’artistes et des centaines de petites structures de la ville et de l’agglomération.
  • Une agglomération à l’urbanisation maîtrisée, tissée avec l’ensemble des transports et services publics nécessaires, avec le respect des zones naturelles et la réintroduction de zones vertes et agricoles dans la ville même.
  • Une véritable démocratie où les représentant-e-s gouvernent en obéissant aux citoyen-ne-s.
  • Une démocratie décentralisée dans les quartiers de la ville comme dans les villes et villages de la métropole. Une démocratie faite de consultations citoyennes pour prendre les décisions partagées par le plus grand nombre et donc légitimes pour répondre aux besoins sociaux de la population et à l’urgence écologique.
  • Une ville accueillante et bienveillante. Des services publics avec des moyens matériels et humains pour accomplir pleinement leurs missions. Nous avons besoin d’un tissu associatif écouté, aidé et renforcé. Nous avons besoin de développer une activité économique diversifiée (l’accident industriel d’Airbus avec l’arrêt de l’A380 est là pour nous alerter). La réorientation économique doit aller vers les quartiers populaires qui en sont très largement dépourvus, en aidant l’économie sociale et solidaire et les PMI/PME, de créer des emplois durables et relocalisés, sur la base des critères sociaux et écologiques. Les règles des marchés publics doivent impérativement respecter des critères d’égalité sociale et environnementale. Les circuits-courts seront privilégiés en lien avec les agriculteurs régionaux. Le respect des animaux et de la nature sera pris en compte dans les différentes politiques locales.
  • Toulouse et « sa métropole » ne sont pas des marchandises. Nos concitoyens ne doivent pas réduits à des consommateurs de politique une fois tous les six ans. Nous devons prendre le contrôle démocratique de nos biens communs, de l’eau, du traitement et du recyclage de nos déchets. Nous devons mettre en place une planification urbaine pour lutter contre la spéculation immobilière, faire de l’espace urbain et des terres agraires des biens communs pour des politiques énergétiques et de mobilités respectueuses de la « règle verte » qui exigede ne pas prendre à la nature davantage que ce qu’elle peut renouveler. Nous devons investir, au plan départemental et régional dans les terres et régies agricoles pour conduire la planification écologique et l’approvisionnement de la ville. Nous devons rompre avec la métropolisation qui est une construction institutionnelle néfaste pour lui privilégier la libre administration des communes et leur libre association.
  • Beaucoup de ces points sont défendus par les mouvements sociaux, les mouvements écologiques, les mouvements citoyens, des forces syndicales, des mouvements politiques, les luttes en cours sous des formes nouvelles. Pour les réaliser nous aurons besoin de toutes et tous, et de l’implication de largeurs secteurs de la société.

Ce que nous proposons pour y arriver

Nous voulons faire « Toulouse en commun »: changer la ville, rassembler les forces vives de Toulouse, et écrire avec les habitants un projet humaniste, écologique et démocratique pour Toulouse et sa métropole.

Une autre ville et une autre métropole sont possibles.

Le GAMME, Groupe d’Action Municipale et Métropolitaine, proposera des marqueurs intangibles, comme l’intérêt général, l’objectif de la redistribution sociale et de la gratuité, l’impératif écologique, l’élaboration, le contrôle et la transparence des dossiers pour la construction du projet collectif.

Pour cela, nous auditionnerons l’ensemble des acteurs de la société pour leur faire part de notre analyse, pour vérifier avec eux la validité des constats et des propositions, pour les modifier, pour les enrichir.