Adrien Quatennens : «Il faut être sur tous les fronts»

dans Réunions publiques, Revue de presse

Plus de 250 personnes à Toulouse avec Adrien Quatennens, député La France insoumise ! Dans la suite de cet article, une interview du député réalisée par Gérald Carmier et parue dans La Dépêche du Midi. Lire l’article orignal.

Crinière rouquine et franc parler, le jeune député du Nord de la France insoumise Adrien Quatennens (27 ans) était à Toulouse, hier soir, pour faire le bilan de l’action des députés mélenchonistes à l’Assemblée nationale. La réunion publique s’est tenue à la salle Osète (rue du Lieutenant-Colonel Pélissier) à l’invitation des «groupes d’action» toulousains de la France insoumise.

Quel bilan dressez-vous des actions de la France insoumise à l’Assemblée nationale ?

Six mois, c’est l’occasion de faire un bilan de notre groupe au sein de l’Hémicycle, mais c’est aussi six mois du bilan d’Emmanuel Macron et du gouvernement. L’objectif, c’est de regarder ce qui est fait et de battre en brèche cette idée du renouveau – s’il y en a, c’est sur la forme pas tant sur le fond – et de montrer en quoi la France insoumise est, non seulement, la première force d’opposition, mais aussi une force de proposition d’un contre-modèle.

Cette force de proposition s’est-elle suffisamment illustrée lors de la ratification des ordonnances sur la loi travail ?

Sur tous les fronts, il est toujours temps de se battre, même si en la matière Macron a bien avancé. L’exemple que je prends souvent quand on me parle des ordonnances qui ont été ratifiées, c’est que je suis venu à la politique en 2006 au moment de la bataille contre le CPE, où l’on a vu qu’une loi qui avait été ratifiée n’a jamais été appliquée. Il est clair que maintenant que les ordonnances ont été ratifiées, il y a la nécessité que le combat continue, idéologiquement, politiquement mais il faut aussi que le rapport de force s’instaure dans les entreprises. Car c’est là que ça va se jouer désormais. Ce qu’on dit, c’est que cette loi, loin de moderniser ou de simplifier le Code du travail, répond aux mêmes vieilles luttes patronales que les précédentes lois. C’est une succession de lois depuis la loi Rebsamen de sécurisation de l’emploi, ensuite la loi Macron, El-Khomri, tout cela constitue de petites doses successives d’un chamboulement profond – qui est celui de l’ordre juridique te social qui régit 18 millions de salariés dans ce pays. Ces ordonnances ne sont pas adaptées à la situation de l’emploi. C’est une lecture du problème du chômage de masse, uniquement par le prisme de la flexibilité-compétitivité. Alors que, si on en croit les récentes enquêtes de l’Insee, le droit du travail n’est pas le premier frein à l’embauche évoqué par les employeurs. Les employeurs, en particulier ceux des PME, ont avant tout des soucis d’ordre économique, le remplissage des carnets de commandes. Avec les ordonnances, il y aura autant de règles différentes qu’il y a d’entreprises, là où avant s’appliquait un cadre commun à tous. Ce qui ne sera pas favorable aux salariés, on voit bien l’intérêt : il y a l’idée de faciliter les licenciements. Il faut aussi craindre que la multiplication des règles conduise à un effet de dumping au sein d’une même branche. L’entreprise qui appliquera des dispositions sociales moins avantageuses sera vraisemblablement plus compétitive que ses concurrents. Malheureusement on voit peu de créations d’emploi, en revanche, les dividendes des actionnaires ont explosé.

Vous avez choisi de venir à Toulouse pour motiver les troupes, prendre la température ?

Derrière les parlementaires, il y a toujours des bénévoles, des volontaires qui sont à l’action. Je n’ai pas une grande visibilité à Toulouse, mais je sais que l’activité militante est très importante. Si je prends l’exemple de Lille, d’où je viens, le niveau d’activité est maintenu à son niveau d’une campagne électorale. Il y a une nécessité d’aller à la rencontre des militants et des citoyens.Recueilli par Gérald Camier